Jakobson montre qu’un même énoncé peut servir six intentions différentes : informer, exprimer, faire agir, maintenir le contact, jouer sur la forme, expliquer les mots. Savoir laquelle domine, c’est savoir ce qu’on fait.
En un mot. Six raisons différentes de parler : dire un fait, dire ce que je ressens, faire faire quelque chose, garder le contact, soigner la forme, expliquer un mot.
Roman Jakobson associe à chacun des six éléments du schéma une fonction du langage : référentielle (le contexte, l’information), expressive ou émotive (l’émetteur), conative (le récepteur, l’injonction), phatique (le contact), poétique (le message lui-même) et métalinguistique (le code). Toute communication les combine, l’une dominant.
Beaucoup de communications échouent parce qu’elles se trompent de fonction : on croit informer alors qu’on cherche à rassurer, on croit convaincre alors qu’on s’exprime. Nommer la fonction dominante clarifie l’objectif.
Référentielle : « Le centre ouvre le 15 octobre. » Expressive : « Nous sommes fiers de cette ouverture. » Conative : « Inscrivez-vous avant le 30. » Phatique : « Vous m’entendez bien ? » Poétique : « Former, c’est transformer. » Métalinguistique : « Par apprenant, nous entendons… »
Une affiche de prévention qui dit « Ensemble, protégeons nos enfants » relève surtout de la fonction expressive et phatique ; elle crée du lien mais ne dit ni quoi faire ni quand. Une affiche efficace y ajoute la fonction conative : « Faites vacciner votre enfant avant ses 12 mois, gratuitement, au centre de santé. »
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.