Interroger quelqu’un qui vient de tout perdre suppose une méthode. Les centres spécialisés (dont le Dart Center, rattaché à l’école de journalisme de Columbia) ont formalisé des pratiques qui protègent le témoin et la qualité du témoignage.
En un mot. Comment interroger et raconter des personnes qui viennent de vivre un drame.
Le journalisme informé du trauma applique aux situations de détresse des pratiques d’entretien et de récit issues des travaux sur le psychotraumatisme, formalisées notamment par le Dart Center for Journalism and Trauma, rattaché à l’école de journalisme de l’université Columbia. Il vise deux objectifs simultanés : ne pas aggraver l’état de la personne, et obtenir un témoignage plus exact.
Ce n’est pas seulement une question de délicatesse. Une personne en état de sidération donne des récits fragmentaires et parfois inexacts ; un entretien mal conduit produit un témoignage de mauvaise qualité en plus de causer un dommage.
Trois principes structurent la pratique : rendre le contrôle à la personne (elle décide de ce qu’elle raconte, quand elle s’arrête) ; annoncer clairement l’usage prévu ; et revenir vers elle avant publication, car le consentement donné dans le choc n’est pas un consentement éclairé.
Demander « pouvez-vous me raconter votre journée d’hier, à partir du matin ? » obtient un récit plus précis et moins douloureux que « décrivez-moi le moment de l’accident ». Le récit chronologique protège et informe mieux.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.