Traduire ne suffit pas : il faut concevoir dans la langue, pour l’oreille, avec les formes narratives qui existent déjà, proverbe, chant, conte, dialogue radiophonique.
En un mot. Communiquer dans les langues réellement parlées, et sous des formes faites pour être entendues.
Définition
La communication multilingue en contexte de développement suppose de concevoir les messages dans les langues d’usage plutôt que de les traduire depuis une langue officielle, et d’adopter les formes de l’oralité (répétition, rythme, récit, proverbe, dialogue) plutôt que de transposer une syntaxe écrite.
Pourquoi c’est important
Un message traduit littéralement depuis une langue administrative reste un message administratif. Il est compris mot à mot et rejeté comme étranger. La langue n’est pas un habillage du message : elle en fait partie.
Comment ça marche
L’écrit et l’oral obéissent à des règles différentes. L’écrit peut être relu, il supporte la subordination et l’abstraction. L’oral se reçoit une seule fois : il exige des phrases courtes, de la répétition, un rythme, et des images concrètes. Un texte écrit puis lu à voix haute ne fonctionne presque jamais.
Méthode, étape par étape
Identifier les langues réellement parlées, et par qui : la répartition varie selon l’âge et le genre.
Concevoir directement dans la langue d’usage plutôt que traduire.
Faire travailler des locuteurs natifs à la conception, pas seulement à la relecture.
Adopter les formes orales : phrases courtes, répétition, images concrètes.
S’appuyer sur les formes narratives existantes : proverbe, conte, chant, dialogue.
Tester à l’oral, auprès de locuteurs, avant tout enregistrement.
Vérifier la rétrotraduction : le sens a-t-il tenu ?
Prévoir des versions distinctes plutôt qu’une version moyenne pour tous.
Un cas concret
Un slogan construit sur un jeu de mots dans la langue officielle disparaît intégralement à la traduction. Un message construit à partir d’un proverbe déjà connu dans la langue d’usage est retenu dès la première écoute : parce qu’il s’appuie sur une forme que le public possède déjà.
Les erreurs à éviter
Traduire au lieu de concevoir dans la langue.
Faire relire par un locuteur au lieu de le faire participer à la conception.
Transposer une syntaxe écrite à l’oral.
Produire une version unique censée convenir à toutes les langues.
Les bons réflexes
Concevoir dans la langue, ne pas traduire vers elle.
S’appuyer sur les formes orales qui existent déjà.
Tester à l’oreille, jamais seulement sur le papier.