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Le projet Pegasus, 2021

Un logiciel espion retrouvé sur les téléphones de journalistes. L’affaire où la profession a découvert qu’elle était elle-même la cible, et pas seulement l’enquêtrice.

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En un mot. La révélation qu’un logiciel espion commercial avait servi à surveiller des journalistes, des militants et des responsables politiques.

Définition

En juillet 2021, le consortium Forbidden Stories et Amnesty International partagent avec dix-sept rédactions internationales une liste de dizaines de milliers de numéros de téléphone sélectionnés comme cibles potentielles du logiciel Pegasus, développé par la société NSO Group. Les analyses techniques menées sur une partie des appareils confirment des infections, notamment sur des téléphones de journalistes.

Pourquoi c’est important

L’affaire déplace une question que la profession traitait comme secondaire. Jusque-là, la sécurité numérique d’une rédaction visait à protéger ses sources d’une surveillance dirigée contre elles. Le projet Pegasus établit que le journaliste lui-même est la voie d’accès : compromettre son téléphone donne accès à toutes ses sources d’un coup, sans avoir à en identifier une seule.

Comment ça marche

Deux enseignements structurent la pratique. Le premier est technique : une infection de ce type ne demande parfois aucune action de la cible, ce qui rend inopérants les conseils fondés sur la prudence de l’utilisateur — ne pas cliquer ne protège pas. Les réponses utiles sont ailleurs : appareil dédié aux enquêtes sensibles, cloisonnement des identités, rencontres physiques pour les échanges les plus exposés, redémarrage régulier, mise à jour systématique. Le second est méthodologique : la vérification a reposé sur une analyse technique indépendante des appareils, menée par un laboratoire spécialisé — une liste de numéros n’établit pas une surveillance, et le consortium a distingué les deux tout au long de la publication.

Méthode, étape par étape

Un cas concret

La distinction que le consortium a tenue est celle qu’il faut retenir : figurer sur une liste de numéros sélectionnés ne prouve pas qu’un téléphone a été infecté. Confondre les deux aurait donné une affaire plus spectaculaire et plus fragile — et c’est exactement la confusion que les mis en cause attendaient pour discréditer l’ensemble.

Les erreurs à éviter

Les bons réflexes

À lire à côté

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