Un engagement absolu et des pratiques concrètes : chiffrement, cloisonnement, absence de traces, prudence dans les métadonnées. Promettre l’anonymat sans savoir le tenir est une faute.
En un mot. Tout ce qu’il faut faire pour qu’une personne qui vous parle ne soit pas identifiée.
Définition
La protection des sources recouvre un principe déontologique (ne jamais révéler l’identité d’une source à qui la confidentialité a été promise) et un ensemble de pratiques techniques et organisationnelles : canaux chiffrés, cloisonnement de l’information dans la rédaction, gestion des métadonnées, effacement raisonné, prudence dans les détails publiés.
Pourquoi c’est important
Une source exposée peut perdre son emploi, sa liberté ou davantage. L’engagement moral ne suffit pas : la plupart des sources sont identifiées par des traces techniques ou par des détails publiés, non par une dénonciation.
Méthode, étape par étape
Évaluer le risque réel encouru par la source, avec elle.
Choisir un canal adapté : rencontre physique, messagerie chiffrée, boîte aux lettres sécurisée.
Ne pas enregistrer les coordonnées en clair.
Cloisonner : seules les personnes nécessaires connaissent l’identité.
Nettoyer les documents transmis de leurs métadonnées.
Vérifier que les détails publiés ne permettent pas d’identifier la source par recoupement.
Ne jamais promettre plus de protection que l’on ne peut techniquement assurer.
Un cas concret
Publier qu’une information vient « d’un agent du service des marchés publics présent lors de la réunion du 14 mars » peut suffire à identifier une personne si le service compte quatre agents. Il faut alors élargir la formulation ou renoncer au détail.
Les erreurs à éviter
Promettre l’anonymat par réflexe, sans évaluer le risque.
Conserver les échanges en clair sur un téléphone ou une messagerie professionnelle.
Publier des détails qui, combinés, désignent la source.
Transmettre un document sans nettoyer ses métadonnées.
Les bons réflexes
Discuter du risque avec la source avant qu’elle ne parle.
Cloisonner l’identité au sein de la rédaction.
Faire relire l’article par un tiers avec une seule question : peut-on deviner qui a parlé ?
Ne jamais céder, y compris sous contrainte judiciaire, sans conseil juridique.