Compter les affiches posées et les personnes sensibilisées remplit un rapport et ne prouve rien. Ce qui compte est le geste changé, et il se mesure autrement.
En un mot. Comment savoir si un programme de communication sociale a produit un effet.
Définition
L’évaluation d’un programme distingue les moyens engagés, les réalisations produites, les effets obtenus chez le public et l’impact durable. Les rapports aux bailleurs s’arrêtent souvent aux réalisations, qui se comptent facilement et ne démontrent rien.
Pourquoi c’est important
Un programme peut atteindre tous ses indicateurs de réalisation et n’avoir rien changé. Pire, l’habitude de rendre compte en réalisations oriente la conception : on finit par concevoir ce qui se compte plutôt que ce qui agit.
Comment ça marche
La mesure du changement suppose un point de départ et un point de comparaison. Sans mesure initiale, aucune progression ne se démontre. Sans zone témoin ou sans période de référence, on ne sait pas si le changement vient du programme ou d’autre chose.
Méthode, étape par étape
Mesurer la situation initiale avant toute activité, y compris si le calendrier presse.
Choisir des indicateurs de comportement, pas de connaissance.
Prévoir une comparaison : zone témoin, période antérieure, ou groupe non exposé.
Limiter le nombre d’indicateurs : trois suivis valent mieux que trente déclarés.
Recueillir aussi du qualitatif : les chiffres disent quoi, les entretiens disent pourquoi.
Interroger ceux qui n’ont pas changé, ce sont eux qui renseignent.
Rendre les résultats aux populations concernées, pas seulement au bailleur.
Publier les échecs : un programme qui n’échoue jamais n’est pas évalué.
Un cas concret
Un rapport annonce quarante mille personnes sensibilisées. La question qui suit devrait être : combien ont changé de pratique, et comment le sait-on ? Dans la plupart des cas, personne n’a mesuré, parce que personne n’a mesuré au départ.
Les erreurs à éviter
Commencer sans mesure initiale.
Compter des sensibilisations et en conclure à un effet.
Concevoir en fonction de ce qui se compte.
Ne rendre compte qu’au bailleur.
Les bons réflexes
Sans point de départ, aucune progression ne se démontre.
Des indicateurs de geste, jamais de connaissance.
Rendre les résultats aux populations, pas seulement au financeur.