Comptez les personnes citées sur un mois. Le résultat décrit une rédaction plus fidèlement que n’importe quelle charte.
En un mot. Mesurer qui est cité comme source dans un média, et corriger ce que ce décompte révèle.
Examen quantitatif de la composition des sources citées — fonction, genre, âge, origine géographique, statut — conduit sur une période donnée, et dispositifs correctifs qui en découlent.
Aucune rédaction ne décide de citer majoritairement des responsables institutionnels, des hommes et des habitants de la capitale. Cela se produit par le jeu des routines : on rappelle ceux qui répondent vite, on interroge ceux dont on a le numéro, on sollicite ceux qui ont déjà l’habitude de parler à la presse. Le résultat est systématique et invisible pour ceux qui le produisent.
Le décompte est le seul moyen de rendre le phénomène visible, et il est peu coûteux : relever, sur un mois de production, qui est cité et à quel titre. Les résultats surprennent régulièrement les rédactions qui s’y prêtent. La correction ne passe pas par une consigne mais par le carnet d’adresses : constituer et entretenir une liste de personnes compétentes hors des cercles habituels, avant d’en avoir besoin. Dans l’urgence, on rappelle toujours celui dont on a le numéro.
Le déséquilibre se concentre presque toujours au même endroit : les personnes issues de groupes sous-représentés sont interrogées comme témoins de leur situation, et rarement comme expertes d’un sujet. Distinguer ces deux registres dans le décompte révèle un écart que le total global masque.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.