Qui parle dans vos articles, et de quoi ? Un comptage sur un mois révèle des déséquilibres que personne n’a décidés, et que personne ne corrige tant qu’ils ne sont pas mesurés.
En un mot. Vérifier que la couverture ne donne pas toujours la parole aux mêmes, et ne montre pas toujours les mêmes personnes de la même façon.
Définition
La question de la représentation porte sur trois plans : qui est cité comme source et à quel titre, quels territoires et quels groupes sont couverts et sous quel angle, et quelles fonctions sont attribuées aux personnes citées, expertise, témoignage ou illustration. Elle se traite par la mesure, non par l’intention.
Pourquoi c’est important
Personne ne décide de ne citer que des hommes comme experts ou de ne couvrir un quartier qu’à l’occasion de faits divers. Ces déséquilibres se produisent par accumulation de choix individuels raisonnables, c’est pourquoi seule la mesure les rend visibles.
Comment ça marche
Le comptage est simple et instructif : sur un mois, relever pour chaque personne citée sa fonction dans l’article (experte, témoin, illustration) et croiser avec les territoires couverts et les angles employés. Les résultats surprennent presque toujours les rédactions.
Méthode, étape par étape
Compter sur un mois : qui est cité, à quel titre, sur quels sujets.
Distinguer la parole d’expertise, le témoignage et l’illustration.
Mesurer la répartition territoriale de la couverture.
Repérer les groupes couverts uniquement sous un angle négatif.
Élargir les carnets d’adresses : le déséquilibre vient souvent du réseau.
Constituer un répertoire d’expertes et d’experts issus de milieux variés.
Vérifier le vocabulaire employé pour désigner les personnes.
Publier les résultats du comptage : cela engage à la suite.
Recommencer la mesure chaque année.
Un cas concret
Un comptage dans une rédaction locale montre qu’un quartier n’apparaît que dans la rubrique faits divers, alors qu’il abrite le plus grand nombre d’associations de la ville. Aucune décision n’a produit ce résultat : c’est le réseau de sources qui l’a produit.
Les erreurs à éviter
Traiter la question comme une affaire d’intentions.
Faire intervenir des personnes seulement comme témoins, jamais comme expertes.
Ne couvrir certains territoires qu’à l’occasion d’incidents.
Compter une fois et ne jamais recommencer.
Les bons réflexes
Mesurer plutôt que présumer : le comptage suffit à changer les pratiques.
Constituer et partager un répertoire d’expertise élargi.
Publier ses chiffres : c’est ce qui rend l’engagement vérifiable.