Par l’exemple, par l’autorité, par la cause, par l’analogie, par la définition, par les conséquences. Six familles qui n’ont ni la même force ni les mêmes faiblesses.
En un mot. Les différentes façons de justifier une affirmation.
Définition
L’argumentation mobilise des types de raisonnement distincts : l’argument par l’exemple, qui généralise à partir de cas ; l’argument d’autorité, qui s’appuie sur une source reconnue ; l’argument causal, qui relie un fait à ses causes ou à ses effets ; l’argument par analogie, qui transpose d’un domaine à un autre ; l’argument par la définition ; et l’argument pragmatique, qui juge par les conséquences.
Pourquoi c’est important
Chaque type a une faiblesse propre, et connaître cette faiblesse permet à la fois de renforcer son propre argument et de repérer où celui d’en face cède. Un argument par analogie s’attaque en montrant que les deux situations diffèrent sur le point décisif.
Comment ça marche
Les types se combinent, et c’est leur combinaison qui fait la solidité. Un exemple seul se réfute par un contre-exemple ; adossé à une donnée et à un mécanisme causal, il devient difficile à écarter.
Méthode, étape par étape
Exemple : vérifier la représentativité du cas, et le dire.
Autorité : vérifier que la source est compétente sur ce point précis et sans intérêt dans l’affaire.
Causalité : distinguer la corrélation du mécanisme, et exposer le mécanisme.
Analogie : identifier le point sur lequel la comparaison tient, et celui sur lequel elle cède.
Définition : ne pas faire passer une définition contestable pour une évidence.
Conséquences : vérifier que les effets annoncés sont établis, pas supposés.
Combiner au moins deux types par argument.
Anticiper la réfutation propre à chaque type employé.
Un cas concret
« Cette formation marche : Fatoumata a trouvé un emploi » est un argument par l’exemple, réfutable par un contre-exemple. « 68 % des 340 participants ont trouvé un emploi dans les six mois, contre 31 % du groupe témoin » ajoute la donnée et le comparatif : la réfutation devient beaucoup plus difficile.
Les erreurs à éviter
S’appuyer sur un exemple unique présenté comme représentatif.
Invoquer une autorité hors de son domaine de compétence.
Présenter une corrélation comme une causalité.
Filer une analogie au-delà du point où elle tient.
Les bons réflexes
Au moins deux types d’arguments par point important.
Une analogie s’annonce avec sa limite : cela désarme la réfutation.