Le dirigeant qui lit son texte à l’écran ne convainc personne. Préparer une interview filmée, c’est surtout préparer la personne à ne pas réciter.
En un mot. Filmer quelqu’un qui répond à des questions, pour une vidéo de l’organisation.
Dispositif de captation d’une parole individuelle destiné à une production maîtrisée par l’organisation : préparation de l’intervenant, construction du questionnement, choix du cadre et du décor, et montage qui conserve le naturel de la réponse.
C’est le format le plus demandé et le plus souvent raté, pour une raison unique : on prépare le tournage et on ne prépare pas la personne. Le résultat est un intervenant qui récite un texte écrit par quelqu’un d’autre, les yeux allant chercher le souffleur, dans une langue qui n’est pas la sienne. Le public ne saurait pas dire ce qui cloche, mais il ne croit pas ce qu’il entend.
Le principe est de ne jamais donner de texte, mais des messages. On remet à l’intervenant trois idées à faire passer, pas trois phrases à dire : l’idée se reformule naturellement, la phrase se récite. On lui donne aussi les questions à l’avance — non pour qu’il les apprenne, mais pour qu’il n’ait pas à réfléchir devant la caméra. Côté technique, trois points décident de la qualité perçue : le son, qui compte davantage que l’image et exige un micro sur la personne, jamais celui de la caméra ; la lumière sur le visage ; et un arrière-plan qui dit quelque chose sans bouger. Enfin, on filme toujours plus que nécessaire et on demande la même réponse deux fois : la seconde est presque toujours meilleure, parce que la personne a cessé de se surveiller.
La reformulation de la question dans la réponse est le détail qui sauve le montage. « Oui, tout à fait » est inutilisable si la question est coupée. « Nous avons ouvert trois centres cette année » se suffit à lui-même, et l’on peut dès lors monter sans faire apparaître l’intervieweur.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.