Accorder un point à l’adversaire renforce le reste. C’est le geste qui coûte le moins cher et que presque personne n’ose faire.
En un mot. Reconnaître ce qui est juste dans la position adverse, pour rendre crédible ce qu’on maintient.
Figure argumentative consistant à admettre explicitement un point favorable à la thèse adverse — une limite, un inconvénient, un argument valable — avant de maintenir sa position sur le reste. Elle agit sur l’ethos autant que sur le logos.
Un discours sans aucune faille annoncée n’est pas crédible, parce qu’aucune position réelle n’en est dépourvue. L’auditoire le sait, et il cherche alors ce qui a été caché — souvent en le trouvant. Celui qui nomme lui-même la limite désarme cette recherche et se distingue des émetteurs qui dissimulent : on lui accorde ensuite ce qu’il affirme, puisqu’il n’a pas tout affirmé.
La concession n’est pas une capitulation, et la distinction tient à trois conditions. Elle porte sur un point réel, pas sur une faiblesse insignifiante choisie pour faire bonne figure — une concession décorative se repère et coûte plus cher que le silence. Elle est nette : « c’est vrai », et non « certains pourraient penser que ». Et elle est suivie d’un maintien, pas d’un renoncement : ce qui vient après doit être plus fort que ce qui a été accordé. La formulation classique articule les deux sans les opposer platement : le point est admis, et la raison qui l’emporte est exposée.
« Ce dispositif ne réglera pas la situation des plus éloignés, et nous ne le prétendons pas ; il traite la part qui relève de nous, et voici laquelle. » Le même propos sans la première partie serait attaqué exactement sur ce point. Avec elle, l’attaque a déjà eu lieu, menée par l’émetteur, et elle ne peut plus servir.
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