Un enfant grandit avec l’article. À vingt-cinq ans, il sera encore « l’enfant de ». Le consentement d’un adulte ne suffit jamais.
En un mot. Les règles qui s’appliquent dès qu’un enfant apparaît dans un reportage, en image, en son ou par son nom.
Ensemble de principes dérivés de la Convention internationale des droits de l’enfant, dont l’article 3 pose que l’intérêt supérieur de l’enfant est une considération primordiale dans toute décision le concernant — y compris la décision de le publier.
Trois caractéristiques distinguent le mineur de tout autre témoin. Il ne mesure pas la portée d’une publication. Il n’est pas en position de refuser à un adulte qui le filme, surtout en présence d’une autorité. Et l’article lui survivra : indexé, il sera lu par ses camarades, par un employeur, par ses propres enfants. Un adulte assume une déclaration ; un enfant la subit vingt ans plus tard.
Le consentement est double et les deux sont nécessaires. Celui du responsable légal autorise juridiquement ; celui de l’enfant, recueilli séparément et dans des mots qu’il comprend, autorise humainement. Un enfant peut refuser après que son parent a accepté, et ce refus s’applique. Certaines publications sont écartées quelles que soient les autorisations obtenues : identifier un enfant victime de violences sexuelles, un enfant en conflit avec la loi, un enfant associé à un groupe armé. L’autorisation d’un adulte ne rend pas ces publications acceptables, parce que l’intérêt qu’elles desservent est celui de l’enfant lui-même.
Dans un reportage accompagné par une institution ou une organisation humanitaire, le consentement est souvent obtenu dans un rapport de force invisible : l’enfant se trouve devant une caméra, un adulte qui l’encadre et un visiteur étranger. Il ne dira pas non. C’est précisément la situation où le journaliste doit poser la question hors de la présence de l’adulte, et accepter le silence comme un refus.
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