Attaque personnelle, faux dilemme, homme de paille, pente glissante, appel à la peur, généralisation hâtive. Des raisonnements qui semblent tenir et qui ne tiennent pas.
En un mot. Les raisonnements trompeurs qui ont l’air logiques.
Définition
Un sophisme est un raisonnement dont la forme donne l’apparence de la validité alors que la conclusion ne découle pas des prémisses. Les figures les plus courantes en communication publique sont l’attaque contre la personne, l’homme de paille, le faux dilemme, la pente glissante, la généralisation hâtive, l’appel à la peur, l’appel à la tradition et le renversement de la charge de la preuve.
Pourquoi c’est important
Ces figures fonctionnent : elles emportent l’adhésion dans le moment. Les reconnaître permet de ne pas y céder, de ne pas les employer, et de les nommer publiquement quand elles sont utilisées contre soi.
Comment ça marche
La réfutation la plus efficace ne consiste pas à dire « c’est un sophisme » mais à ramener au point réel : « vous parlez de ma personne, la question portait sur le chiffre » ou « ce n’est pas ce que j’ai dit ; ce que j’ai dit est ceci ».
Méthode, étape par étape
Attaque personnelle : ramener au fond, sans répondre sur le terrain personnel.
Homme de paille : rappeler précisément ce qui a été dit, avant de répondre.
Faux dilemme : refuser le choix imposé et nommer la troisième option.
Pente glissante : demander par quel mécanisme on passerait de A à Z.
Généralisation hâtive : demander sur combien de cas repose l’affirmation.
Appel à la peur : demander quelle est la probabilité et quelle est la solution.
Appel à la tradition : demander ce qui a changé depuis.
Renversement de la charge de la preuve : rappeler que c’est à celui qui affirme de prouver.
Un cas concret
« Soit on accepte ce budget, soit on ferme le service » est un faux dilemme. La réponse n’est pas d’accepter ni de refuser, mais de nommer la troisième option : « il existe une troisième possibilité, la voici ».
Les erreurs à éviter
Répondre à une attaque personnelle sur le même registre.
Accepter le cadre d’un faux dilemme en choisissant l’une des deux branches.
Se contenter de nommer le sophisme sans répondre au fond.
Employer ces figures soi-même en pensant que cela ne se verra pas.
Les bons réflexes
Ramener au point réel plutôt que d’étiqueter le procédé.
Nommer la troisième option devant un faux dilemme.
C’est à celui qui affirme d’apporter la preuve, jamais l’inverse.