Quatre personnes qui parlent, quatre valeurs de preuve différentes. Le porte-parole est celui dont la parole vaut le moins et qu’on cite le plus.
En un mot. Ce qui sépare celui qui a vu, celui qui sait, celui qui parle au nom d’une organisation, et celui qui vous informe.
La source est toute personne ou tout document fournissant une information à un journaliste. Le témoin a perçu directement un fait et en rapporte ce qu’il a vu ou entendu. L’expert apporte une compétence permettant d’interpréter des faits, sans les avoir constatés. Le porte-parole exprime une position institutionnelle, pas un savoir personnel.
Ces quatre statuts n’engagent pas la même valeur de preuve, et ils sont pourtant cités de la même manière, avec le même verbe introducteur et la même place. Un témoin établit un fait qu’il a perçu, avec les limites de la perception. Un expert n’établit aucun fait : il éclaire. Un porte-parole n’engage que la position de son organisation, ce qui est une information sur cette organisation, pas sur le monde.
Trois vérifications suffisent. Pour le témoin : était-il présent, à quelle distance, à quel moment, et sa perception pouvait-elle être altérée ? Un témoignage est un fait quant à son existence, pas quant à son contenu. Pour l’expert : sa compétence porte-t-elle sur la question posée, et a-t-il un lien d’intérêt à déclarer ? Un expert compétent sur un sujet voisin n’est pas un expert. Pour le porte-parole : ce qu’il dit est la position officielle, et l’écrire comme un fait revient à endosser cette position.
« Selon la police, le bilan s’élève à douze blessés » et « le bilan s’élève à douze blessés » ne disent pas la même chose. La première phrase rapporte une position institutionnelle, qui peut évoluer ou être contestée. La seconde l’endosse. La différence tient à trois mots, et elle engage le média.
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