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La lecture profonde

Lire n’est pas naturel : aucun cerveau ne naît équipé pour cela, il se recâble. Ce qui s’acquiert par l’exercice peut aussi se perdre faute d’exercice.

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En un mot. La lecture attentive et suivie, par opposition au survol — et ce qu’elle demande au cerveau.

Définition

Ensemble des opérations mentales que mobilise une lecture continue et approfondie : inférence, mise en rapport avec des connaissances antérieures, suspension du jugement, analyse critique, adoption du point de vue d’autrui. Ces opérations se distinguent du décodage, qui ne consiste qu’à reconnaître des mots.

Pourquoi c’est important

Le point établi et souvent ignoré est celui-ci : contrairement au langage parlé, la lecture n’est pas une aptitude innée. Il n’existe pas de zone du cerveau prévue pour elle. Lire suppose de réaffecter des circuits développés pour autre chose — la reconnaissance visuelle, le langage — et cette réaffectation se construit par la pratique. La neuroscientifique Maryanne Wolf, qui a consacré ses travaux à cette question, en tire la conséquence qui intéresse tout le monde : un circuit bâti par l’usage dépend de l’usage.

Comment ça marche

Deux régimes de lecture coexistent et ne produisent pas les mêmes effets. Le survol prélève : il cherche un mot, une réponse, un point de confirmation, et il est parfaitement adapté à cela. La lecture profonde construit : elle relie ce qui est lu à ce qu’on sait déjà, tolère de ne pas comprendre tout de suite, et laisse le temps à l’inférence de se faire. Ce qui est documenté et qu’on peut affirmer sans exagérer : la compréhension d’un texte dépend massivement du vocabulaire et des connaissances antérieures du lecteur — ce qui crée un effet cumulatif, celui qui lit comprend mieux, donc lit plus, donc comprend mieux encore. Ce qui relève de l’hypothèse argumentée plutôt que du fait acquis : que l’habitude du survol affaiblisse les circuits de la lecture profonde. C’est la thèse de Wolf ; elle est sérieuse et elle n’est pas démontrée.

Méthode, étape par étape

Un cas concret

L’effet cumulatif est la raison la plus concrète de s’y mettre. Le vocabulaire s’acquiert presque entièrement par la lecture, et non par la conversation : la langue écrite emploie des mots que la langue parlée n’emploie jamais. Chaque texte lu rend le suivant plus facile — et l’écart entre celui qui lit et celui qui ne lit pas se creuse par ce mécanisme, sans que ni l’un ni l’autre ne s’en aperçoive.

Les erreurs à éviter

Les bons réflexes

Sources

À lire à côté

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