Il ne code pas, ne dessine pas, n’écrit pas. Il fait en sorte que ceux qui le font travaillent sur la même chose — et c’est un métier à plein temps.
En un mot. La personne qui pilote un projet numérique entre le commanditaire et ceux qui le réalisent.
Fonction d’interface entre une maîtrise d’ouvrage et des réalisateurs — développeurs, concepteurs, rédacteurs — chargée du cadrage, du découpage en lots, du suivi des délais et du budget, de la validation et de la mise en service.
Un projet numérique échoue rarement sur la technique et presque toujours sur la traduction. Le commanditaire décrit un besoin dans ses mots, les réalisateurs comprennent autre chose, et l’écart se découvre à la livraison. Le chef de projet existe pour que cette traduction ait lieu avant, et par écrit. Les organisations qui s’en passent pour économiser retrouvent la dépense en reprises.
Trois compétences se cumulent, et la troisième est la plus rare. Comprendre assez de technique pour savoir ce qui est coûteux et ce qui ne l’est pas — sans quoi on accepte des demandes qui doublent le budget pour un gain invisible. Savoir découper : un projet livré en une fois se découvre tard et se corrige mal ; livré par lots, il se corrige à chaque étape. Et savoir dire non : à la demande supplémentaire glissée en cours de route, au délai qui ne tient pas, à la validation obtenue de quelqu’un qui n’avait pas autorité. Cette dernière compétence décide de la plupart des projets.
La demande supplémentaire en cours de route est le mécanisme qui tue les projets, et elle se présente toujours de la même façon : « juste un petit ajout ». Chacune est modeste, leur somme ne l’est pas, et aucune n’a été budgétée. La seule parade consiste à les traiter comme des décisions : chiffrées, arbitrées, et inscrites au journal — ce qui n’est pas un refus, mais un choix rendu visible.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.