Ours, marbre, marronnier, chapô, conducteur, PAD, coquille. Les mots qu’on emploie en conférence de rédaction et que personne n’explique jamais aux nouveaux.
En un mot. Le vocabulaire propre aux rédactions, expliqué mot par mot.
Définition
Le jargon des rédactions est un vocabulaire professionnel hérité de l’imprimerie, de la radio et de la télévision. Il désigne des objets, des étapes de fabrication et des rôles précis. Sa maîtrise conditionne la compréhension d’une conférence de rédaction.
Pourquoi c’est important
Un stagiaire qui ne sait pas ce qu’est un marbre ou un conducteur passe sa première semaine à deviner. Ce vocabulaire s’apprend en une heure et fait gagner des mois de sentiment d’imposture.
Comment ça marche
Beaucoup de ces mots viennent de la typographie au plomb, où le marbre désignait la table de montage et l’ours l’encadré mentionnant l’imprimeur. Les objets ont disparu, les mots sont restés, et ils désignent désormais autre chose.
Méthode, étape par étape
Apprendre d’abord les mots de la conférence : sujet, angle, papier, une.
Puis ceux de la fabrication : calibrage, titraille, bouclage.
Puis ceux de son support : conducteur en radio et télévision, chemin de fer en presse écrite.
Noter les mots entendus et non compris, et demander en fin de réunion.
Se méfier des faux amis entre supports : un sujet en télévision n’est pas un sujet en presse écrite.
Ne pas employer ce jargon avec les personnes interrogées.
Vérifier l’usage local : chaque rédaction a ses variantes.
Transmettre ce vocabulaire aux nouveaux plutôt que de les laisser deviner.
Un cas concret
En conférence, « ton papier fait combien ? » demande le calibrage en signes, pas la qualité. « On le met au marbre » signifie qu’il est prêt mais non publié, en réserve. Deux malentendus classiques de première semaine.
Les erreurs à éviter
Employer ce vocabulaire devant une personne interrogée.
Supposer que les mots ont le même sens d’un support à l’autre.
Faire semblant d’avoir compris en conférence.
Croire ce jargon inutile parce qu’il est ancien.
Les bons réflexes
Demander plutôt que deviner : personne ne s’en formalise.
Vérifier l’usage propre à sa rédaction.
Ne jamais employer ce vocabulaire hors de la rédaction.