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Les degrés de la participation citoyenne

Sherry Arnstein a classé en 1969 les façons d’associer les habitants, de la manipulation au contrôle citoyen. Son échelle sert surtout à nommer ce que la plupart des dispositifs sont réellement : de la figuration.

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En un mot. Une échelle qui classe les dispositifs de participation selon le pouvoir réellement donné aux habitants.

Définition

Modèle proposé par Sherry Arnstein en 1969 dans « A Ladder of Citizen Participation ». Il hiérarchise huit degrés d’association des habitants à la décision, regroupés en trois niveaux : la non-participation, la coopération symbolique, et le pouvoir effectif des citoyens.

Pourquoi c’est important

Le mot « participation » recouvre des pratiques qui n’ont rien de commun, et cette indétermination arrange les commanditaires : une réunion d’information et un budget décidé par les habitants s’annoncent avec le même mot. L’échelle d’Arnstein a précisément été conçue pour casser ce flou — sa question n’est pas « a-t-on consulté ? » mais « qui, au bout du compte, a décidé ? ».

Comment ça marche

Les huit degrés se lisent de bas en haut. Les deux premiers — la manipulation et la thérapie — ne sont pas de la participation : on réunit les gens pour les convaincre ou pour désamorcer leur colère, pas pour les écouter. Les trois suivants — l’information, la consultation, l’apaisement — constituent ce qu’Arnstein nomme la coopération symbolique : les habitants parlent, et rien ne garantit que cela change quoi que ce soit. Les trois derniers — le partenariat, la délégation de pouvoir, le contrôle citoyen — transfèrent une part réelle de décision. L’apport durable du modèle tient dans son niveau intermédiaire : la grande majorité des dispositifs présentés comme participatifs s’y arrêtent, et ce n’est pas nécessairement illégitime. Ce qui l’est, c’est de laisser croire qu’on est plus haut qu’on ne l’est. D’où l’usage honnête de l’échelle : annoncer d’emblée le degré auquel on se situe, ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas.

Méthode, étape par étape

Un cas concret

La consultation sur une décision déjà prise est le degré le plus répandu et le plus coûteux. Elle produit un effet exactement inverse à celui recherché : les habitants comprennent en séance que rien ne bougera, et la défiance qui en résulte survit longtemps au projet. Annoncer d’emblée « cette décision est prise, nous venons discuter de sa mise en œuvre » est moins flatteur et nettement mieux reçu.

Les erreurs à éviter

Les bons réflexes

Sources

À lire à côté

Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.