Manifestation, catastrophe, zone hostile, deuil collectif. Ce qui se prépare avant de partir, ce qui se décide sur place, et ce qui se traite au retour.
En un mot. Travailler là où l’on peut être blessé, empêché ou marqué durablement.
Définition
Un terrain difficile réunit trois risques distincts : un risque physique, un risque d’empêchement par une autorité ou une foule, et un risque psychologique lié à l’exposition à la violence ou à la détresse. Ces trois risques se préparent séparément et se traitent séparément.
Pourquoi c’est important
Le réflexe professionnel est de préparer le sujet et d’improviser la sécurité. C’est l’inverse qui protège. Un journaliste qui n’a pas décidé à l’avance de son seuil de retrait le décidera dans l’excitation du moment, c’est-à-dire mal.
Comment ça marche
La décision la plus importante se prend avant le départ : à quel signal je m’en vais. Formulée à froid, elle tient. Non formulée, elle cède devant l’idée qu’on va manquer quelque chose, ce qui est exactement le raisonnement qui blesse des journalistes chaque année.
Méthode, étape par étape
Évaluer le risque par écrit, avant de partir, même pour une couverture d’une heure.
Fixer et écrire le seuil de retrait : à quel signal précis je quitte les lieux.
Prévenir la rédaction du lieu, de l’heure et du moment prévu de retour.
Convenir d’un contact et d’un délai : au-delà, on s’inquiète et on agit.
Vérifier l’assurance et la couverture réelle, particulièrement pour un pigiste.
Emporter le nécessaire et rien de plus : ce qui alourdit ralentit la fuite.
Sur place, réévaluer en continu : une situation change plus vite que le plan.
Au retour, prévoir un temps de décompression, y compris quand tout s’est bien passé.
Un cas concret
Le raisonnement qui tue est toujours le même : « encore cinq minutes, il va se passer quelque chose ». C’est pourquoi le seuil de retrait doit être un signal objectif décidé à froid, et non une appréciation prise dans l’instant.
Les erreurs à éviter
Préparer le sujet et improviser la sécurité.
Ne prévenir personne du lieu et de l’heure de retour.
Décider du retrait dans l’instant plutôt qu’à l’avance.
Considérer qu’une couverture courte ne se prépare pas.
Les bons réflexes
Le seuil de retrait se fixe à froid, par écrit.
Quelqu’un doit toujours savoir où vous êtes et quand vous rentrez.