Aller voir et faire voir. Le repérage, l’immersion, la prise de notes sensorielle, les scènes, les personnages, le retour et l’écriture au présent.
En un mot. Aller voir et faire voir : être sur place, observer, restituer ce qui s’y passe pour que le lecteur y soit.
Le reportage repose sur l’observation directe. Le journaliste se déplace, voit, entend, et restitue par le détail concret ce qu’une description générale ne transmettrait pas. Sa valeur tient à la présence : ce qui n’a pas été vu ne s’écrit pas comme s’il l’avait été.
Aucune source secondaire ne remplace le fait d’avoir été là. Le reportage est ce qui empêche le journalisme de se réduire à la mise en forme de ce que d’autres déclarent.
Le travail se joue dans la collecte des détails : ce qu’on voit, entend, sent ; les noms propres ; les gestes ; les chiffres affichés ; les paroles saisies au vol. À l’écriture, on choisit une scène d’entrée, on alterne le détail et le contexte, on cite les personnes avec leur nom quand c’est possible. Le pacte avec le lecteur est strict : tout ce qui est décrit a été constaté.
Deux journalistes couvrent la même inondation. L’un rapporte le bilan et les déclarations de la préfecture. L’autre note la ligne de boue sur les murs, l’heure affichée sur l’horloge arrêtée, le nom du voisin qui a ouvert sa porte. Les deux disent vrai ; un seul fait voir.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.